Les Chaînes du Silence

Bonjour les lecteurs,

Je viens vous parler d’une merveilleuse lecture : Les Chaînes du Silence de Céline Chevet. C’est le premier roman de l’autrice que je découvre bien que je possède également La fille qui tressait les nuages. Après le très bon moment passé avec Les Chaînes du Silence, il me tarde de le découvrir ! 

Je trouve la couverture magnifique, douce et propice à l’évasion, à la contemplation. J’aime les courbes et les nuances utilisées, totalement en adéquation avec le contenu de l’ouvrage.

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Titre : Les Chaînes du Silence
Auteur : Céline Chevet
Maison d’édition : Editions du Chat Noir
Collection : Griffe sombre
Prix : 19.90€
Se le procurer ICI

Après avoir sauvé la vie d’un vampire, Nathanaël est contraint de fuir son village. Réfugié au plus profond de la forêt où ces créatures gardent les ombres, il est adopté par l’une d’entre elles qu’il nomme Kael, scellant ainsi son destin.

Malgré sa nouvelle condition d’animal domestique et le silence permanent de son maître, Nathanael observe la communauté qu’il intègre et dont il ignore tout. Pour la première fois, il apprend à contempler ces espaces immenses qui isolent les hommes et abritent les Bêtes, ces créatures issues d’un autre temps.

Lui, l’humain fragile et sensible, symbolise tout ce que les vampires immortels ne regardent plus. Mais parce qu’il choisit de s’attacher pleinement à son maître, leur vie en est bouleversée. De ces chaînes naît un espoir. La liberté. Pour tous les deux.

Dans une époque totalement inconnue, nous allons faire la rencontre du Vampire, une créature de la nuit à la recherche d’un de ses semblables : Kael. Accompagnée d’une enfant qui le suit partout, il partira à sa recherche avec pour seule piste, le journal d’un certain Nathanaël… Ce dernier est un homme simple :  il voit ses amis, travaille dans une imprimerie, courtise une jeune femme dont il est épris… Bref, il mène une existence tout ce qu’il y a de plus banale dans son village. Une vie simple et paisible si ce n’est que les hommes vivent dans la crainte de la forêt et des créatures qui la peuple : des Bêtes et des vampires, ces créatures sanguinaires. Un jour, alors que son village subit une attaque, Nathanaël vient en aide à une femme vampire et à son enfant. Pour cela, il est condamné à mort et n’a d’autres choix que de s’enfuir s’il veut survivre. Il trouvera refuge au cœur même de la forêt et recevra la protection du fils de la vampire qu’il a sauvé au prix de sa liberté. C’est ainsi qu’il devient l’animal de compagnie de cette créature qu’il a le malheur d’avoir nommé Kael. Les vampires n’ont pas de noms et jugent cela réducteur, tout comme le fait de parler la langue des hommes. Pourtant, entre Kael et Nathanaël, un lien particulier se met petit à petit en place. Quel est ce drôle de lien qui s’instaure ? Quelles en seront les conséquences pour ces deux êtres ?

J’ai beaucoup aimé ce roman et ses deux histoires. Chaque personnage est attachant à sa manière et plus on les découvre, plus on les comprend. Nathanaël est très attachant. C’est un homme ouvert d’esprit, courageux, qui n’hésite pas à aider son prochain, qui ne juge pas sans comprendre. Il est curieux, sensible et possède de belles valeurs morales. Le lien qu’il entretient avec Kael est étonnant et déstabilisant. Il est très fort et unique. Pourtant, l’homme n’oublie pas qu’il est faible par rapport aux vampires et reste très lucides ; il n’oublie jamais de les craindre.

Quant aux vampires, ils sont très mystérieux et on a peu accès à leurs pensées, à leurs traits de caractère. J’ai aimé cette nouvelle version des vampires : ils sont différents des humains, supérieurs en tout point. Ce ne sont pas des hommes transformés en créature de la nuit mais une espèce à part et dont seuls les traits physiques peuvent s’assimiler à l’humain. Pour le reste, tout est différent : ils ne s’expriment pas comme nous, n’en éprouvent ni le besoin ni l’envie et sont dénués de sentiments. Ils sont au-delà de ces éléments qu’ils jugent futiles. Ils ne possèdent pas de nom et n’en comprennent pas l’intérêt. Ils ne dorment pas vraiment, vieillissent différemment… Ce sont des créatures froides mais loin d’être bestiales et primitives. On ne sait que peu de choses sur eux en réalité. 

« Je n’ai jamais cessé de les craindre. De tout mon cœur, de toute mon âme, sans que jamais leur image ne s’éloigne de moi. Ils ont hanté une grande partie de ma vie ; à présent que je suis sur mon lit de mort, hanteront-ils jusqu’à mon dernier repos ? Ces êtres dont on crache le nom au lieu de l’embrasser. Les vampires. »

Les chaînes du silence est un récit contemplatif qui pousse à la réflexion et à l’évasion dans lequel on découvre deux histoires. L’action est loin d’être omniprésente et pourtant, elle ne m’a aucunement manqué. Le récit très complet est extrêmement fluide. C’est une ode à la Nature, au respect de celle-ci et de ses lois. C’est un sujet qui est régulièrement évoqué ces derniers temps dans les romans mais jamais de manière si percutante et si légère à la fois. C’est un sentiment très étonnant. Les Chaînes du Silence raconte aussi l’amour, l’amitié et l’importance de ces sentiments. 

C’est aussi un récit sombre, cruel dans lequel les humains sont considérés comme une sous-espèce. Ils servent d’animaux de compagnie, de source de nourriture. Pour autant, les Vampires ne cherchent pas à les décimer car ils leurs sont vitaux. Ils participent à l’équilibre de la Nature.

C’est une histoire douce, tel un poème, un conte sombre à l’atmosphère singulière, avec une ambiance nostalgique, faite de doutes et d’incertitudes comme un besoin de compréhension et d’émancipation. C’est une histoire qui captive l’esprit, qu’on a pas envie de lâcher tant on veut en saisir tous les secrets, tous les mystères.

« Le nom délimite, cloisonne, fige. Il crée des barrières qui éloignent du tout. « 

J’ai aimé les propos de l’autrice la supériorité des vampires. Ce n’est pas parce qu’une espèce est supérieure qu’elle doit éprouver le besoin d’exterminer les autres espèces. Je trouve ses idées très justes. Les Bêtes quant à elle sont incomprises. Elles sont un vestige du passé, terrorisant les hommes et respectés des vampires. Elles évoquent la puissance et le respect. J’ai beaucoup aimé les découvrir même s’il y a une énorme mysticité autour d’eux. À leur façon, elles sont immortelles et la façon dont l’autrice les décrit est magnifique. Quant à la plume, elle est merveilleuse, poétique et envoûtante, juste et délicate. Elle nous plonge avec délice dans son univers mystérieux dans lequel on découvre les vampires sous un jour nouveau. J’ai adoré son écriture et j’ai d’ailleurs repérée plusieurs passages qui m’ont marqué. Tout son texte est propice à l’évasion, à la réflexion et à la contemplation. C’était beau, pur et captivant.

C’était une belle lecture, originale, marquante et fascinante qui plonge le lecteur au cœur d’un récit unique. Encore une fois, les éditions du Chat Noir nous offre un ouvrage atypique et fabuleux, empreint de poésie et raconté comme un conte sombre.

Les Livres Enchantés.

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