Le Malleus, les sorcières de Sarry

Bonjour les lecteurs,

Je rattrape mon retard dans mes chroniques aussi vous risquez d’être bombardés d’articles dans les prochains jours. De quoi découvrir de nouveaux romans 😉

Ici, je vous présente Le Malleus, les sorcières de Sarry.

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Auteur : Marie-Laure König

Prix : 14.90€

Vous pouvez le commander par ICI 

Un roman historique qui vous plongera dans le bas moyen-âge 

Nous sommes à l’époque triste et misérable des classes rurales où le diable s’adressait surtout aux femmes. C’est l’histoire d’Alayone qui grandira à l’ombre du Malleus Maleficarum, l’oeuvre d’un fou.

Dans ce roman historique vous ne rencontrerez pas de vraie de magie, car vous le savez comme moi, les sorcières ne volent pas sur des manches à balai… Cette histoire romancée se passe dans un contexte historique authentique. Tout aurait donc pu se dérouler ainsi. Il en ressortira également beaucoup de sentiments contraires : la haine, l’amour, les diverses croyances, la révolte, le dégout, la compassion, la violence, la douceur…

Fin du XVè siècle paraissait un des plus abjectes des livres.

Plus de 100 000 procès pour hérésie sur plus de 200 ans avec comme appuis le « Malleus Maleficarum » furent administrés. Le Marteau des sorcières, manuel écrit par un moine inquisiteur haineux, Institoris, fut approuvé par la papauté de la fin du XVe siècle. Il connut un essor considérable grâce à l’invention de Gutemberg et fut à l’origine de plus de 60 000 condamnations pour hérésie sur plus de deux siècles, essentiellement des femmes.

La petite histoire dans la grande Histoire.

Découvrez l’histoire d’Alayone, une petite fille qui grandira à l’ombre du Malleus Maleficarum, le marteau des sorcières, et qui apprendra son existence bien plus tard à ses dépens. Son tuteur, l’évêque de Chalons, lui enseignera la théologie. Elle sera également instruite sur d’autres sciences qui sont condamnées par l’Église comme l’astronomie, l’étude des pierres à venin ou l’agronomie que lui transmettra une guérisseuse. Elle découvrira les effets dévastateurs des amours interdits, mais aussi Paris, ville emplie de magnificence, de pestilence et d’étudiants… 

Beaucoup de recherches documentaires ont été menées afin de donner à ce roman d’amour et d’amitié une envergure historique. Vous serez plongés dans les usages et les coutumes d’un temps révolu, on vous parlera du procès de Jeanne d’Arc, de l’élection d’Innocent VIII et bien évidemment de l’évolution d’une idée qui germa dans la tête de Heinrich Kramer jusqu’à l’œuvre de sa vie : le marteau des sorcières.

Bienvenue en cette fin de XVe siècle où religion et politique sont intimement liées, à une époque où les caprices de la nature étaient indéniablement l’œuvre du malin et de ses servantes, où l’incrédulité du peuple fut le meilleur instrument des ambitions des puissants. 

Quand l’auteur m’a proposé de découvrir son roman, j’ai pris le temps de réfléchir car ce n’est clairement pas le genre de livres que je je lis habituellement. Puis, je me suis dit, pourquoi pas ? Je n’ai pas l’habitude de lire des romans historiques surtout sans Fantastique mais l’idée de sortir de ma zone de confort autour d’un sujet qui m’a toujours intéressé m’a plu. En effet, j’ai toujours été curieuse d’en savoir plus sur cette sombre époque de l’Histoire et le peu que j’ai pu en apprendre était certes fort divertissant mais pas vraiment proche de la réalité. C’est ça quand on lit beaucoup de Fantastique.

La première partie du titre s’inspire d’un ouvrage ayant réellement existé nommé Le Malleus Maleficarum ou Le Marteau des Sorcières. Ce livre traite de la sorcellerie. Il explique comment reconnaître et capturer les sorcières, comment les emprisonner et comment les éliminer. Rien de glorieux ni de beau dans ce traité. Nombreuses femmes furent injustement accusées et tuées suite à la diffusion de cet écrit.

Je savais donc, en commençant ce roman, que ma lecture risquait d’être dérangeante et révoltante.

On va suivre le personnage d’Alayone, une enfant au début du roman puisqu’elle est âgée de dix ans. Impossible quand vous lisez ses propos de penser qu’il s’agit d’une enfant tant ses paroles sont emplies d’une maturité certaine. Elle est différente des jeunes enfants et s’intéresse à des sujets divers comme les sciences, la religion. Elle veut comprendre et connaître. C’est également une jeune fille passionnée par la Nature et les animaux. Elle tisse des liens improbables. C’est une enfant dégourdie et aimante. Nous allons la voir grandir et évoluer. Elle deviendra une belle et sauvage jeune fille, pleine d’envies et toujours avide de découvertes et de connaissances. Nous allons vivre et ressentir avec elle, souffrir et pleurer avec elle. Je l’ai trouvé très attachante. J’ai également aimé les personnages d’Eglise qui accompagne Alayone. Ils ne cautionnent absolument l’horreur provoqué par les Hommes et cherchent à tout prix à protéger Alayone sans qu’elle en ai forcément conscience. L’amour paternel qu’ils éprouvent pour elle est beau.

Le récit se décline sous différentes formes ce qui donne beaucoup de rythme au récit. En effet, on va suivre des échanges épistolaires, des prières, des extraits du Malleus Maleficarum et le point de vue très utile et intéressant d’un étrange personnage. C’est d’ailleurs le protagoniste que j’ai le plus apprécié. Peut-être parce qu’il apporte un peu de douceur dans ce récit poignant.

Le travail de l’auteur sur les recherches et l’élaboration de son roman est impressionnant. On sent qu’il y a du travail derrière l’écriture de son livre. C’est vraiment un roman de qualité, très riche et complexe. La plume de l’auteur est étonnante. Parfois, elle manie le vocabulaire de l’époque avec dextérité en nous laissant des annotations pour pouvoir comprendre plus facilement et d’autres fois, nous retrouvons un langage plus actuel, plus fluide et donc plus aisé à comprendre. On passe de l’un à l’autre et j’ai apprécié parce que cela crée de la fluidité dans le récit ainsi que de la légèreté qui fut la bienvenue au vu du sujet délicat et douloureux qui est abordé dans ce roman.

C’est une lecture qui m’a pris du temps car je voulais vraiment m’immerger dans l’époque relatée. Ce n’était pas une lecture facile car je n’ai pas l’habitude de lire et donc de déchiffrer un langage si lointain mais c’était tellement enrichissant. J’ai aussi pris mon temps car le contenu du roman est révoltant. Les propos malheureusement réalistes sont dérangeants et choquants. Ce livre m’a mis mal, il m’a fait passer par une multitude d’émotions fortes. De la colère, du dégoût, de la tristesse. J’étais outrée par l’absurdité du Marteau des Sorcières, révoltée face à la crédulité et à la bêtise des hommes. C’était d’autant plus difficile à lire car basé sur des faits Historiques. Ce n’est pas de la fiction, non ici, place au concret, aux faits. Certaines scènes ont été particulièrement compliquée à lire tant la violence présentes dans celles-ci était insoutenable. C’est tout bonnement cruel et inhumain.

Je suis bluffé par la capacité de l’auteur à faire ressentir de telles émotions et à retranscrire une page de l’Histoire de manière à la fois terriblement cruelle mais en même temps véritablement magnifique. Même si c’est un livre qui m’a mis hors de moi, je suis vraiment heureuse d’avoir pu le lire et approfondir mes connaissances sur un domaine que je connaissais vraiment très peu.

Un immense merci à l’auteur pour l’envoi de son livre qui me marquera pendant longtemps.

Livres.Enchantes

 

 

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